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D'un autre Occident
K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett/Warner Chappell
Que faire dans cet avion
Qui remonte le temps,
Vise l'horizon,
Pointe le présent?
Escale à Singapour
Pour un dernier doute.
L'espoir d'un détour
Qu'on perd en route.
On change de monde
En voyageant
Mais on ne change pas vraiment.
On change de monde,
De continent,
Mais on ne change pas vraiment.
Là-bas, on est si bien
Vêtu de si peu,
Heureux pour un rien
Sans demander mieux.
Ici, dans un costume,
Vouloir le pouvoir,
Avoir l'amertume,
Se décevoir.
On change de mode,
De vêtements
Mais on ne change pas vraiment.
On change de mode,
De sentiments
Mais on ne change pas vraiment,
Mais on ne change pas vraiment,
Non, on ne change pas vraiment Et quand on change vraiment,
On est d'un autre occident.
La terre tourne
K Cokenstock/HP Huguet
Editions Thoobett/Warner Chappell
Plus que seul au coin de la nuit,
Plus que seul et je me dis:
" La vie ne s'arrêtera pas.
Si je choisis de m'égarer dans cette nuit,
La vie se poursuivra sans moi. "
La Terre tourne, tourne, tourne autour de moi,
Aux couleurs des jours et des nuits
Des lunes et des mois.
La Terre tourne, tourne, tourne autour de moi,
Indifférente à mes choix.
Je peux faire tout un tas d'efforts
Pour être un homme ici-bas.
La vie fait avec ou sans moi.
Qui que je sois, que je sois rien, que je sois roi,
La vie peut se passer de moi.
La Terre tourne, tourne, tourne autour de moi,
Comme les autos sur l'Étoile
Autour du Soldat.
La Terre tourne, tourne, tourne autour de moi,
Si novice, si nova.
Pas de quoi se foutre en colère ou en l'air.
La vie, faut se la faire plutôt que la défaire.
Tant pis pour les ecchymoses,
Les larmes et toutes leurs causes
Quand une évidence s'impose:
Je suis peut-être un soleil qui explose.
Et la Terre tourne, tourne, tourne autour de moi.
La vie est un pays chaud et un pays froid.
La Terre tourne, tourne, tourne autour de moi.
Je me tourne, je me tourne vers toi.
Et je tourne, tourne, tourne autour de toi
Au mépris de la gravité du monde et des lois,
Comme la Terre qui tourne, tourne autour de toi.
Sa révolution se fout des nôtres ici-bas.
Dans les nuages
K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett/Warner Chappell
Bien avant, j'habitais la terre d'un pays
Aux océans chutant dans l'infini.
Derrière les montagnes vivaient des ennemis
Indéfinis
Et quand je voulais m'évader ailleurs,
J' montais dans un arbre
Voir les bateaux disparaitre
Sur la pente des mers et, dans mon coeur,
Naissait une planète.
Dans les nuages,
La tête ailleurs,
J'avais l'image
D'un monde meilleur.
Dans une ville qui ressemble à d'autres villes,
Dans une rue comme tant de rues,
Derrière une fenêtre fermée sur la ville
Qui ne rêve plus,
Je traque en vain des visions de cocagne,
Des eldorado sur des versants de montagnes,
Montagnes de ciment, de sentiments
Et de ressentiments.
Dans les nuages,
La tête ailleurs,
J'ai des orages
Qui craquent et qui pleurent,
Tant de barrages
Entre mon coeur
Et cette image
D'un monde meilleur.
J'ai la tête ailleurs,
J'ai la tête ailleurs.Les années pires
K Cokenstock/K Cokenstock
Editions Thoobett/Warner Chappell
Qu'est-ce qui fait, que certains soirs,
Je puise à la gourde
Embaumée de ma mémoire,
Maigre et pourtant lourde?
Qu'est-ce qui fait que, malgré moi,
Je recherche alors
Le chemin de nos faux pas,
De Berlin jusqu'à mon désarroi?
C'est-y la peur de voir venir
A reculons les années pires
Et leur fanfare de têtes de mort
Ravageant le rêve où je dors
Comme une armée de doryphores?
Voici revenir les années pires.
C'est-y l'ennui d'avoir à boire
Le mauvais vin des années noires,
Moi qui ne suis là que pour rire.
Du tendre berceau du départ
Au rideau rouge de mes espoirs,
J'ai toujours voué au musée de cire
Les années pires.
Qu'est-ce qui me pousse à saouler
La lucidité
Dans les alcools irisés
Des futilités?
Qu'est-ce qui fait que je rédige
D'une plume légère
Sur des courbes callipyges
Des pensées qui font de la voltige?
C'est-y la peur d'avoir à lire
Au temps présent les années pires
Dans un tourbillon d'étendards?
Autodafé de grand bazar,
Démagogie de hall de gare,
Voici revenir les années pires.
C'est-y l'ennui de se taper
En file indienne les bêtisiers
De l'arrogance, du repentir.
C'est pourtant clair et répété:
Elles font du mal, elles font pleurer.
Laissez-les pourrir au musée de cire,
Les années pires.
C'est-y la peur d'avoir à dire
Qu'elles font sourire, les années pires
Des ingénus, des revanchards,
Caressant d'une main de fer
Les barbelés de notre histoire,
Souhaitant voir rev'nir les années pires?
C'est-y la honte d'avoir à voir
La crudité des années noires,
Moi qui n' sait que dire et redire,
En ayant connu de la guerre
Que la mort en documentaire?
J'ai toujours voué au musée de cire
Les années pires,
Voué au musée de cire
Les années pires.
À jamais, vouez au musée de cire
Les années pires.Superstition
J Bastello-K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett/Warner Chappell
Un blasphème retentit dans la pièce,
Un miroir s'est brisé sur sept ans de détresse,
Superstition, superstition.
Un chat noir traverse la rue,
Un homme fait: " Pile ! ", le souffle suspendu,
Superstition, superstition.
Les planètes nous dominent,
Aux trajectoires sibyllines.
Un zodiaque nous fait des signes
Du destin qu'il nous destine.
Un missionnaire chrétien s'initie,
Auprès du marabout, au monde des esprits,
Superstition, superstition.
Le bonze est entré dans le Boeing.
Il interdit le vol, le pilote se résigne.
Superstition, superstition.
Au-dessus de l'univers,
Un tout-puissant créateur
Nous épie, pour se distraire,
De son oeil accusateur.
Galilée déclare: " La Terre tourne en rond. "
Tombent sur lui les foudres de l'inquisition.
Ça nous fait rire et réfléchir.
Trois siècles plus tard, un dieu nucléaire,
Au nom de notre paix, au nom de sa lumière,
Cherche à faire taire les petits hommes verts.
Au-delà de nos croyances
Et de notre suffisance
Se déroule un accident
Du hasard et du néant.
Superstition,
etc...Petit rien du tout
K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett/Warner Chappell
Sur mon épaule en berceau vivant,
Les sanglots brûlent en trébuchant,
Un chagrin décolle au firmament
De pensées en tourment.
Tu n'oses pas relever la tête.
Tu te sens inutile, obsolète,
Un être de plus et c'est tout,
Un petit rien du tout.
Tout doux:
Non, tu n'es pas rien du tout.
Pour moi, tu es tout,
Même si les autres te poussent à bout.
Les autres sont des algues vulgaires
Qui s'étalent et volent à la mer
Et aux sirènes toute la lumière
Les ombres les enserrent.
La vie, alors, sombre dans la nuit,
Une nuit sans matin défini
Qui fait croire que tu n'es, après tout,
Qu'un petit rien du tout.
Tout doux :
Non, tu n'es pas rien du tout.
Pour moi, tu es tout,
Même si les autres te poussent à bout.
Tout doux :
Non, tu n'es pas rien du tout.
Pour moi, tu es tout,
Même si la vie nous pousse à bout
Et quand c'est moi qui perds l'équilibre
Et quand ta voix traverse mes fibres
Pour me dire au creux de mon cou :
" Tu n'es pas rien du tout,
Tu n'es pas rien du tout. "
Un peu de Prévert
K Cokenstock/JP Bucolo
Editions Thoobett/Warner Chappell
Tu vois le froid dehors,
La pluie qui s'énerve,
Les autos qui se dévorent
Pour un accord de rouge et de vert.
Tu vois, c'est là que j'habite,
Été comme hiver.
Y a des jours qui mettent en fuite
Et des jours qui font du Prévert.
Un peu de Prévert
Dans ma rue, mon univers,
Un peu de Prévert
Dans mon sang, dans ma chair.
Un peu de Prévert
Sur nos coeurs endoloris,
Un peu de Prévert
Aux enfants d'ici
...Et du paradis.
Tu vois, ces gens qui rongent
Leurs peaux de chagrin,
Changent les songes en mensonges
En se disant que tout ira bien.
Tu vois, ce sont mes rencontres
Mais je suis sévère.
Y a des gens qui font des comptes
Et des gens qui font du Prévert.
Un peu de Prévert
Dans ma rue, mon univers,
Un peu de Prévert
Dans mon sang, dans ma chair.
Un peu de Prévert
Sur nos coeurs endoloris,
Un peu de Prévert
Aux enfants d'ici.
Un peu de Prévert
Dans ma rue, mon univers,
Un peu de Prévert
Dans mon sang, dans ma chair.
Un peu de Prévert
Sur nos coeurs endoloris,
Un peu de Prévert
Aux enfants d'ici.
Un peu de Prévert...
Un peu de Prévert...
Un peu de Prévert
Sur nos coeurs endoloris,
Un peu de Prévert
Aux enfants d'ici
...Et du paradis.Quand on pense à Java
K Cokenstock/K Cokenstock
Editions Thoobett/Warner Chappell
On n' s'était pas revus depuis bientôt des lustres.
En s' tombant dans les bras, on s'est traité de rustres.
Y' avait Marc et Philus, Anita et mézigue.
Nous étions devenus quatre sources d'intrigues.
Dix ans auparavant, on parlait à tout va
D'ouvrir un resto français sur l'île de Java,
Mais de petits écarts en virages du vécu,
On a suivi nos vies, on s'est perdu de vue.
Marc est un homme d'affaires de multinationale,
Un pied dans les finances, l'autres aux municipales.
Il porte la cravate comme on porte un flambeau
Et son attaché-case est un vrai char d'assaut.
Il a, côté privé, une femme et deux gosses
Et aussi une maîtresse qui croit à son divorce.
Derrière les apparences, il nous joue l'insoumis.
Sur un air de jouvence, le voilà qui nous dit:
" Je suis resté le même, malgré les apparats.
Je suis toujours le même quand je pense à, Java. "
Il est resté le même. On n' dirait pas comme ça.
Il est toujours le même quand il pense à Java.
Philus a le nez rouge et le cheveu filasse.
C'est la faute à pas d' chance avec une pétasse.
Il était bien parti, pourtant, dans la charpente.
Il montait sur les toits avant la mauvaise pente.
Les fruits de son labeur, par les fruits du caleçon,
Furent dilapidés entre deux bas Nylon
Qui se carapatèrent, un jour, au saut du lit.
Sur un air de whisky, le voilà qui nous dit:
" Je suis resté le même, malgré tous mes déboires.
Je suis toujours le même quand je pense à Javoire. "
Il est resté le même. On n' dirait pas comme ça
Il est toujours le même quand il pense à Java.
Anita était belle et elle est toujours belle.
Elle a fait un bébé toute seule et roule en Coccinelle.
Elle aim' bien la peinture et enseigne l'anglais.
Elle n'a pas la télé et aim' lire Jaccottet.
Elle a des aventures de plus en plus éparses.
Les hommes, c'est bien connu, ça préfère les garces.
Elle aime sa solitude et jamais ne s'ennuie.
Sur un air de silence la voilà qui nous dit :
"Je suis restée la même, même si je vis toute seule.
Je suis toujours la même quand je pense à Javeule. "
Elle est restée la même. On n' dirait pas comme ça.
Elle est toujours la même quand elle pense à Java.
Quant à moi, je peux voir briller dans leurs regards
Reconnaissance et jalousie à mon égard.
Ma position met fin au pari de Java
Car je suis le premier à fouler l'nirvana.
Sans pour autant envier mon banal triste sort,
Ils voient bien que la mort rend plus beau et plus fort,
Alors, du fond d' ma bière qui n'est pas un demi,
Sur un air d'enterrement, me voilà qui leur dit :
" Je suis resté le même, malgré la grande faucheuse.
Je suis toujours le même quand je pense à Javeuse."
Il est resté le même. On n' dirait pas comme ça.
Il est toujours le même quand il pense à Java.
On est restés les mêmes. On n'dirait pas comme ça.
On est toujours les mêmes quand on pense à Java.
Devant le néant
K Cokenstock/K Cokenstock
Editions Thoobett/Warner Chappell
Et puis vient un jour,
Tout tombe lourd.
Un jour, on est si grand
Qu'on est vide en dedans,
Tout raide et sans penchant,
Une antenne sous le vent,
Les images là-dedans
Brouillées de parasites.
On voudrait s'écrier mais y' a rien à crier.
Les mots sont facétieux comme du papier mâché.
Il nous font un' grosse tête de carnaval en fête.
La peine est une esthète. C'est là notre défaite.
On voudrait l'exprimer, l'imprimer, l'opprimer,
La douleur du néant avec des mots blindés,
Oui, mais seulement, voilà:
Devant le néant, tout fout l' camp.
Alors vient un jour,
La pensée, comme un poids-lourd :
La remorque est vide.
Le tracteur est sans guide
Et l'on a une ride
Au front qui tient la bride
Et prépare l'homicide
Futur à bout portant.
On voudrait s'accrocher, décrocher le turlu,
Appeler l'âme-soeur, une soeur Anne aux seins nus
Mais elle se paie not' tête : elle nous parle de branlette.
La peine est suffragette, c'est là notre défaite.
On voudrait la cacher, la cracher, l'arracher,
Cette peine capitale et la voir se noyer
Oui, mais seulement, voilà :
Devant le néant, tout fout l' camp.
Enfin vient un jour,
On descend de voiture.
On pose le pied sur terre
Sur une route à sa pointure.
Dans une autre atmosphère
Où le passé n'est plus présent
Ni l'avenir, ni le présent,
On a le temps, on est tout neuf.
Et on peut s'écrier mais on préfère se taire
C'est mieux de la fermer pour écouter la terre.
Un jour sans le savoir, on change de mémoire.
La peine va se faire voir, c'est là notre victoire.
Alors on peut chanter, s'enchanter sans danger,
Sans craindre la sentence pour délit d'insouciance
Oui, mais seulement, voilà:
Devant le néant tout fout l' camp.
Oui mais maintenant voilà:
On le sait et... ça va...
Allons z'à la campagne
K Cokenstock/Arnaud Méthivier
Editions Thoobett/Warner Chappell
C'est le week-end.
Finie la semaine.
Allons z'à la campagne
Pour nous refaire
Une santé,
Rien d' tel que la campagne.
J' prends la glacière,
Le pack de bières
Et un bon pain de campagne,
Les pataugas,
Les chapeaux d' paille
Et battons la campagne.
{Refrain:}
Allons z'à la campagne
Et oublions Paris.
Cherchons à la campagne
Le vrai sens de la vie.
On a trouvé
Un joli pré,
Près de la nationale,
Juste à côté
Des voies ferrées,
Mais loin de la centrale.
Dans un p'tit bois,
Après manger,
On part faire une balade
Et quand bien même
On est à pied,
J' te fais le coup d'la panne.
{Refrain}
Dans quelques temps,
Dès qu'on pourra,
Quand notre plan-épargne
Sera fini,
On se paiera
Une maison d' campagne.
Oh, je sais, je sais, je sais:
T'as peur de t'ennuyer
Toute seule à la campagne.
Sans tes copines,
Ça s'rait le bagne ?
Bon, ben...tant pis pour la campagne
Mais
{Refrain}
C'est le week-end.
Finie la semaine.
Allons z'à la campagne
Ni déesse, ni maîtresse
K Cokenstock/K Cokenstock
Editions Thoobett/Warner Chappell
Bien sûr, tu n'es pas la première
Fois que j'ai le vertige.
J'ai beau me souvenir d'hier,
Des coups de coeur que je m'inflige :
Y'a rien à faire,
Je récidive et je perds.
Regard, sourire, visage,
Brûlure que j'envisage,
Torture au fond d'une cage,
Trou creusé où je tombe
Dissimulé dans l'ombre traitre
De ton mirage.
Pourtant, je te veux
Ni déesse, ni maîtresse
Mais tu parles à mon corps.
Piège secret sur mon parcours,
Désir caché au fond d'une cour,
Chambre capitonnée,
Camisole que j'enfile,
La raison cadenassée
Par un seul battement de tes cils.
J'ai beau connaître ces faiblesses,
Cette douleur que j'ai aux trousses,
Qui me repousse à cette adresse,
Mandrill détraqué dans ta brousse,
Sans cesse,
Sans cesse
Je me blesse. Pourtant, je te veux
Ni déesse, ni maîtresse.
Je te veux
Ni déesse, ni maîtresse
Mais tu parles à mon corps.
Et puis mes exigences
Et puis ton impatience,
Aussi nos ignorances
Dis-moi,
Est-ce que tu m'aimes
Ou bien est-ce que tu danses ?
Joues-tu une scène où je figure,
Témoin décalqué sur un mur,
La queue en feu,
Le coeur en flammes ?
Tu dis bonjour et je rends l'âme.
Je cours me jeter sur ta lame,
Sur ta lame.
Pourtant, je te veux
Ni déesse, ni maîtresse.
Je te veux
Ni déesse, ni maîtresse
Mais tu parles à mon corps.
Ni déesse, ni maîtresse
Tu parles à mon corps.
Ni déesse, ni maîtresse
Mais tu parles à mon corps.
Montée Bonafous
K Cokenstock/Arnaud Méthivier
Editions Thoobett/Warner Chappell
Dans la montée Bonafous,
Est-ce qu'il y a des bonnes,
Est-ce qu'il y a des fous ?
Je m'en fous.
Il y a surtout, dans un virage,
Une vieille maison encore debout
Et moi, elle me fait rêver
Et je me vois l'habiter
Dans un état d'avenir,
Un état de revenir
Mais quelqu'un veut la démolir.
Un coeur de pierre
Dans une maison au coeur de Lyon
Me fait du gringue et donne le ton
D'une chanson.
Sur les pentes de la Croix-Rousse,
Il y a des gones
Il y a la rousse
A leurs trousses.
La vie s'y écrit en musique,
S'y écrit en peinture,
S'écrit sur les murs
Et moi ça me fait rêver
Mais d'autres rêves se profilent,
Des rêves de grande ville,
Au pied de l'hôtel de ville.
Pour qui sera cette ville ?
Les coeurs de pierre
Sont aux enchères au coeur de Lyon
Pour une bouchée de MacDo'
Et c'est con.
Dans les rues d'une autre ville
Où je m'exile,
Il se passe la même chose,
La même chose :
Des projets et des rejets,
Des pages tournées, déchirées,
Des regrets.
À quoi ça sert de rêver
Sur des pierres empilées ?
À quoi ça sert de bâtir
Pour un mépris à venir,
Pour un mépris à venir ?
Les coeurs de pierre,
Quand ils se brisent, c'est d'abandon.
Moi, j'aurai toujours un coeur de pierre,
Dans le fond.
Un coeur de pierre
Dans une maison au coeur de Lyon
Me fait du gringue et donne le ton
D'une chanson.
Dans la montée Bonafous...
Mieux à faire
K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett/Warner Chappell
Si la nature de l'homme, c'est de refaire le monde
Au prix de ses erreurs, au rythme des secondes,
Si l'homme est ainsi fait que son intelligence
Conduit ses rêveries au guichet d'une agence,
Si tout ce qui est beau est pour sa convoitise,
Une excuse de plus pour que la haine le grise,
Si la guerre est en nous, qu'elle gonfle nos poitrails
Et panse nos soucis d'un revers de médaille,
Alors je vous demande, après deux cent mille ans,
Est-ce que l'on est meilleur,
Est-ce que l'on est plus grand ?
Tout ce qui nous grandit fortitie notre enfer.
Tous les rêves d'empire engendrent la poussière.
{Refrain:}
Y'a mieux à faire,
Y' a mieux à faire.
Au nom des deux hémisphères,
Y' a mieux à faire.
Y' a mieux à faire.
Au nom des dinosaures d'hier,
Y' a mieux à faire.
Y' a mieux à faire.
Si règne la méprise entre les différences
Et qu'aimer son prochain relève de l'imprudence,
S'il faut à nos espoirs vivre dans l'ombre infâme
D'hypothétiques dieux, policiers de nos âmes,
S'il nous faut leur pardon pour traverser la vie
Sans crainte de la mort, paradis garanti,
Quand il ne tient qu'à nous de tirer la leçon
Des conquêtes d'hier et qu'on retourne au front
Alors je vous demande, après deux cent mille ans,
Est-ce que l'on a moins peur,
Est-ce qu'on vit mieux qu'avant ?
Tout ce qui nous unit, ce sont des crises de nerfs,
Des causes perdues au toucher d'un revolver.
{Refrain}
{Parlé:}
À travers les villes, les homm's lancent des noms.
Ils cherchent dans l'air pur en perte d'horizon
Des réponses à des questions indélébiles.
Des codes sillonnent les rues, sillonn'nt les routes,
Sillonnent le ciel et dessinent des profils,
Des miroirs de reconnaissanc' dans la déroute
Où se refléteraient le portrait fonctionnel,
La preuve de naissance, l'acte de présence.
Dans ces miroirs, les moins d'vingt ans sont immortels.
Les autres se veng'nt d'être vieux par la puissance
De théorèm's. D'abord murmur's de connivence
Dans des unions pathétiques, mots d'ordre et puis
Cris de ralliement. Des inventions d'espérance
Un créateur et des élus, un infini
À définir... Gang ou parti ou religion,
La peur du vide tromp' les homm's, crée des fonctions,
Des assurances-vie cintrées et barbelées,
Des conditions d'existence en 2D, des clés,
Des portes, des barrièr's et des gardes-barrières
Et l'éternité en cercueil... Y' a mieux à faire.
{Refrain}