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Kent-Nouba

A quoi rêvons-nous

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

En plein soleil, un cerf-volant,
Un train qui passe au bon moment
Au détour d'un calme étonnant,
A quoi rêvons-nous ?
Entre deux gestes ordinaires,
Après un claquement de portière,
Quand on oublie d'être vulgaire,
A quoi rêvons-nous ?
Avant de monter en avion,
Un volte-face à l'abandon
Quand l'âme change d'émission,
A quoi rêvons-nous ?

Refrain : A quoi rêvons-nous, quand nous ne dormons pas?
A la vérité qui nous colle, celle qu'on ne montre pas.
A quoi rêvons-nous, quand nous ne dormons pas ?
A cette personne idéale qui march'rait dans nos pas.

Un regard tanguant sur les hanches
D'une ombre au sourire qui tranche,
Après l'amour, en plein dimanche,
A quoi rêvons-nous?


Des fusées pour l'autre univers
Et l'enfance à un jet de pierre,
Premier café, première bière,
A quoi rêvons-nous ?

Refrain

Un jour qui pleure à en rougir,
L'ambition qui daigne un soupir,
L'humilité pour nous bénir,
A quoi rêvons-nous ?
On rêve à qui ?
On rêve à quoi ?
Un peu de chaud quand il fait froid,
Un peu de pain quand on a faim,
Un peu de tout quand on a rien,
Un peu plus loin quand on a tout
Ou bien on s'ennuie, on s'endort.
On rêve à quand on avait rien.

Refrain

Regarde-moi, soleil

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

Regarde-moi soleil, regarde-moi.
La gueule que je me paie, regarde-moi.
C'est un cas de figure, un brouillon sans futur.
Regarde-moi soleil, regarde-moi.
Fais-moi tourner tes rayons autour de moi.
Regarde-moi soleil, regarde-moi.
Fais brûler tous ces haillons que j'ai sur moi.
Regarde-moi la lune, regarde moi.
Je vis dans ton quartier, tu m'connais pas mais tu me donnes à manger tes croissants étoilés
Regarde-moi la lune, regarde-moi.
Moi, le marteau, toi, l'enclume, regarde-moi.
Regarde-moi la lune, regarde-moi.
Tu es pleine et belle, la lune, tu cours les toits.
Je suis l'homme des rues, je suis l'homme des vents. Je suis l'homme dehors, je suis l'homme dedans.
Je couche dans la poussière, je pisse dans le boucan, je finirai soupière au banquet des rampants.
Regarde-moi la mort, regarde-moi.


C'est toi qui a peur, c'est toi, ça n'est pas moi.
Regarde-moi la mort, regarde-moi.
J'ai mon couteau planté entre tes doigts.
Regarde-les soleil, regarde-les.
Ils vont chercher leurs paies,regarde-les.
Toute la vie pareille, partout ailleurs pareil, toute la vie, toute la vie, toute la vie pareille.
Regarde-moi soleil, regarde-moi.
Prends ton appareil-photo et shoote-moi.
Regarde-moi soleil une dernière fois.
Demain c'est l'hiver, demain je crève de froid.

Petit gamin

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

Des après-midi tout seul à la maison,
à cause de la pluie, se faire une raison.
Des petites voitures et des soldats de plomb
et des maquettes de bateaux et d'avions.
Dessins animés à la télévision,
prendre le goûter, chocolat et bonbons.
Petit gamin,
unique enfant sans frangin,
sans frangine et sans un chien,
tu t'amuses d'un rien,
ça t'emmène très loin.
Ton père et ta mère sont tous deux au boulot,
débrouille-toi tout seul et ne fais pas le sot.
T'as jamais voulu partir à la colo,
loin des parents c'est pas très rigolo.
Petit gamin entouré de papier peint,
tu gribouilles quelques bouquins,
tu te prends pour Tintin, ça t'emmène très loin.




Petit gamin sans frangine et sans frangin
si seulement t'avais un chien,
un Milou pour Tintin,
t'irais encore plus loin.
Et toujours la pluie, c'est très con en été.
Déjà que que tous tes copains se sont barrés.
Mais s'il fait soleil, tu descendras t'amuser
seul dans la cour déserte et grillagée.
Petit gamin sans frangine et sans frangin,
une flaque d'eau soudain et tu deviendras marin,
grand chasseur de requin.
Petit gamin tu peux t'amuser d'un rien,
rêver aux années plus loin,
vouloir être Tintin, un homme pas un chien.

Tu me manques

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

A peine tu me laches la main que déjà tu me manques.
A peine cinq minutes montre en main, que t'es partie, tu me manques.
Je vais tourner en rond en égrenant les heures et mal faire mon boulot à en faire mon malheur,
oublier mes amis et que d'autres gens m'aiment et raturer des pages à tenter un poème.
Tu me manques, tu me manques.
Tu sais, je peux rester prostré devant le téléphone durant des succédanés d'éternité en attendant qu'il sonne.
Résister à l'envie de t'appeler encore une fois de trop et commettre l'erreur de paraître soumis à tes moindres soupirs quand je sais que tu m'aimes parce que je te fais rire.
Tu me manques, tu me manques.
Tu manques à mes yeux, tu manques à mes mains, tu manques à mon bien, tu manques à mon mal.
Même si tu es là, à un mètre de moi, les bras le long du corps, tu me manques encore.
Je garde dans les poches les tickets de métro que je prends pour venir m'égarer sur ta peau.
Je les compte et recompte pour savoir s'il en manque.
Plus je les additionne et plus tu me manques.

Au nom de ma liberté

K Cokenstock/HP Huguet & J Bastello
Editions Thoobett

Un bout de papier,
mon nom griffonné,
deux ou trois mots mal alignés.
Tu m'dis d'pas t'attendre,
de ne pas me pendre,
que si je t'aime, je peux comprendre.
Bien sûr, je comprends, c'est facile à comprendre.
J'ai aussi écrit des mots au goût de cendre,
des mots désolés
sans compte à rendre,
au nom de ma liberté.
Je faisais du mal,
je faisais du bien,
ni trop cruel ni trop calin.
Moderne animal
aimant son prochain
dans les limites de ses besoins.




Soudain te voilà et tout est bousculé.
Pour la première fois, j'aime à perpétuité.
Je vois tout par deux, en cercle fermé,
au nom de ma liberté.
C'est comme ça l'amour,
ça donne et ça prend.
C'est aveugle et sourd
durant quelques temps
puis vient le jour
où l'on n'a plus la même idée
de liberté.
Bien sûr, je comprends, c'est facile à comprendre.
On a qu'une vie, pas la peine de t'étendre.
Mais tu ne peux pas m'empécher de t'attendre
au nom de ma liberté.

La haine est là

K Cokenstock/F Bréant
Editions Thoobett

T'es là, ça y est, t'es là,
je te connais déjà.
Par ici et par là,
je t'ai vu au combat.
T'es là, ça y est, tu es là.
A qui la faute? A quoi?
Pourquoi c'est pas l'amour? Pourquoi c'est encore toi?
Tu es là, ça y est, tu es là
dans mon poing, dans mes bras.
Tu es là, ça y est, tu es là,
tu ris de moi déjà.
T'es là, ça y est, t'es là.
Au nom de quoi déjà?
Noms de dieux, poulagas,
ta mère etcetera.
Dans un sourire obscène,
dans les eaux de la Seine,
d'Alger à la Lorraine,
ça y est, tu la ramènes.
Tu es là, ça y est, tu es là,
dans mon poing, dans mes bras.
Je n'entends déjà plus ma voix,
sous ton rire et tes pas.
Du métro aux commissariats,
la peur est ton appât.
Tu es là, ça y est, tu es là.
Au nom de quoi déjà?
Tu es là, ça y est, ça y est tu nous mènes.
Il faut que ça gueule, il faut que ça craigne.
Plus on joue ton jeu, plus on a de beignes
c'est la loi des crosses, il faut que ça saigne.
Même la raison va te couronner reine
au pied de l'instinct, au nom de l'hygiène.
Les fous de l'action aime ta dégaine.
Il n'y a plus de gène où y'a de la haine.
Tu es là, ça y est, tu es là,
aux grands maux, les gros bras.
Je ne reconnais plus ma voix quand tu ris au éclats.
Tu es là, ça y est, tu es là,
je te suis pas à pas.
Tu es là, ça y est, tu es là.
Au nom de quoi déjà?
Ma douceur, ma femelle, délivre-moi du mal,
attache-moi dans ton lit, chasse mes idées sales.
Que tes baisers m'assomment, que tes jambes m'enchaînent,
donne-moi goût à ta vie,
que meurt en moi la haine.
Donne du goût à ma vie,
que meurt en moi la haine.

L'homme de derrière

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

A vous qui, chaque fois que vous n'êt's pas en r'tard,
achetez ces bouquins vendus sur les quais d'gare,
sachez que vot' fidélité aux yeux fermés
qui vous fait toujours choisir le mêm' romancier,
cett' fidélité vous trahit d'un' main allègre
car cet auteur n'écrit pas, cet auteur a un nègre.
C'est un géant habile,
oui, mais aux pieds d'argile.
Dans l'ombre pour lui un type a du style.
C'est moi, l'homme de derrière'
l'inconnu volontaire
qui s'contente d'avoir
la rançon sans la gloire.
C'est moi l'homme de derrière
qui roule à l'ordinaire.
Mais moi, j'men fous, je n'aim' pas la parade,
je préfèr' les coulisses aux lampions des façades.
Une star du moment, féminine absolue,
fait la une des kiosques avec des pein's de cul.
Le pays tout entier s'émeut de son malheur
en r'comptant les amants qui l'ont laissée en pleurs.
Mais derrièr' la vitrine du défilé des mâles,
au delà des oignons aux vertus lacrymales,
se planqu' sous l'édredon
un discret étalon
qui console la belle avec aplomb.


C'est moi l'homme de derrière,
l'inconnu volontaire chez qui sonne la douce
sans média à ses trousses.
C'est moi l'homme de derrière,
le repos d'la guerrière.
Loin des bruits d'alcôve et autres galéjades,
je préfèr' les coulisses aux lampions des façades.

Brav's gens qui me croisez sans trop me remarquer,
je tiens à vous prév'nir de ne pas vous y fier.
Je suis en apparence parfaitement bonasse
de la coupe de mes ch'veux au cuir de mes godasses.
Mais j'ai un poing levé caché dans ma doublure,
un poing à envoyer au tapis les parjures.
Au fond d'moi se recueille
et tient le monde à l'oeil
un Zorro virtuel dans son fauteuil.
C'est moi l'homme de derrière,
l'inconnu volontaire
prêt à porter secours
mais qui attend son tour.
C'est moi, l'homme de derrière,
justicier solitaire.
Foin des vantardises et des rodomontades,
je préfèr' les coulisses aux lampions des façades.

Vacances à Paname

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

C'est une voiture qui brûle sur le flanc d'une autoroute,
il n'y aura pas d'océan au bord du mois d'août.
Retour à la capitale, des gamins qui jouent au foot
dans le désert d'une impasse, à Paris, au mois d'août.
Dans le quartier délaissé par le surnombre des villes,
la vie reprend liberté entre deux automobiles.
Les toits changent de couleur sous un soleil déridé,
les rues se marrent de bon coeur dans toutes les langues parlées.
On peut à nouveau marcher en sortant les mains des poches,
enfin desserrer les poings, enfin se sentir moins moche.
Et quelle bénédiction, finalement ce contretemps,
cette voiture en fusion, c'est la fin d'un châtiment.
Et dans le dernier soupir d'un faux-fuyant qui rend l'âme
éclot déjà le sourire de belles vacances à Paname.
Juste des rues et des places, des yeux qui tissent une trame
sur le doré d'un dos nu en vacances à Paname.
Le mois d'août est un cimetière ou bien une guerre civile,
ça dépend du bleu des mers,
des fins de mois difficiles.




Les riches partent en croisière
dans une saison tranquille au front de l'imaginaire
du petit monde immobile.
A quoi bon pourtant languir
sur de lentes autoroutes,
à la pêche aux souvenirs
sur les plages du mois d'août,
pour se noyer dans la foule
quand on rêve d'abordage
alors que Paris se saoule d'une planète en voyage.
Et dans le dernier soupir
d'un faux-fuyant qui rend l'âme
éclot déjà le sourire de belles vacances à Paname.
Juste des rues et des places, des yeux qui tissent une trame
sur le doré d'un dos nu en vacances à Paname.
Echanger des mots chantés dans un sabir innocent,
oublier d'être méfiant
ou bien timide, oublier tous les conflits politiques au nom de nos territoires
dans le sillon d'une idylle qui nait sur un trottoir.
Et puis le soleil couchant,
assis au bord de la Seine,
scintillant comme le sang
qui bout déjà dans nos veines
et cette épaule qui touche un point final qu'on redoute.
Quelle suite a un baiser à Paris au mois d'août?

Ainsi va l'amour

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

Un mot qui appelle une larme,
Sans trop savoir pourquoi,
Un rire qui tremble sous le charme,
L'émotion de guingois.

Ainsi va l'amour,
Tout le long de nos coeurs.
Ainsi va l'amour,
Tout le long de nos leurres.
Ainsi va l'amour.
Ainsi va l'amour.

Des mots qui tombent à genoux,
Sans trop savoir comment,
Un souffle court au creux d'un cou,
L'émotion sous le vent.

Ainsi va l'amour,
Tout le long de nos sens.
Ainsi va l'amour,
Tout le long de nos chances.
Ainsi va l'amour.
Ainsi va l'amour.



Tes yeux qui disent assez, encore,
Au sommet de l'envie,
Un cri que mon désir implore
En cherchant l'infini.

Ainsi va l'amour,
Tout le long de nos corps.
Ainsi va l'amour,
Tout le long de nos nuits.
Ainsi va l'amour,
Tout le long de nos sorts.
Ainsi va l'amour,
Tout le long de nos vies.
Ainsi va l'amour.
Ainsi va l'amour.
Ainsi va l'amour.

Bonheur banal

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

Y'a des jours à rouler par terre,
un tapis, une bouteille, un verre,
de la musique sentimentale,
Y'a des jours fainéants à ne rien faire
mais on est fait de telle manière
qu'une voix nous dit que c'est mal.
Pourtant

le bonheur est souvent banal,
le bonheur est banal

Y'a des jours à rester couché
avec la femme d'à côté
sans vouloir la guerre conjugale.
Juste aller au bout d'une envie
un p'ti tour et c'est fini
mais une voix nous dit que c'est mal.
Pourtant

le bonheur est souvent banal'
le bonheur est banal





Hoho, un peu de bien ne fait pas d'mal.
Hoho, bienheureux, c'est bien normal.
Tous les jours, il faut faire carrière,
tous les jours faire des affaires
pour avoir un beau piédestal.
On désire souvent le contraire,
un petit jardin sait nous plaire,
mais une voix nous dit que c'est mal.
Pourtant

le bonheur est souvent banal,
le bonheur est banal

Un matin sans qu'on l'ait senti,
un matin c'est l'heure de la guerre.
Un matin nous voilà partis
en panoplie de militaire.
On pense à la femme d'à côté,
à la musique sentimentale.
N'était-ce pas le Paradis?
Mais une voix nous dit que c,est mal.
Pourtant...

Soixante millions de Poulidor

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

Soixante millions de Poulidor,
La passion, le coeur en or
Mais ils roulent derrière,
Souvent derrière.

Soixante millions de Poulidor,
On les aime, on les adore,
Même s'ils roulent derrière,
Souvent derrière.

Un pays entier sort dehors
Qui se reconnaît dans leur sort.
Tendresse et tendresse, réconfort,
Du baume au coeur pour soixante millions de Poulidor.

Partisans du bel effort,
Des champions pas des matamores,
Mais ils roulent derrière,
Souvent derrière.





Toujours partants, donnent le meilleur,
Toujours contents, toujours d'accord
Même s'ils roulent derrière,
Souvent derrière.

La vie est sévère pour les moins forts,
Mais elle les console franco de port
En montrant les lanternes rouges qui rament à mort,
Accaparés par leurs dérailleurs,
En montrant aussi dans sa tour d'ivoire
Le désespoir d'Anquetil si seul tandis que rigolent
Soixante millions de Poulidor.

Dis-moi, est-ce que tu m'aimeras?

K Cokenstock/J Bastello
Editions Thoobett

Quand tu m'auras vu dans l'journal,
fier d'être riche et immoral,
au bras d'un' princesse commerciale,
dis-moi, est-ce que tu m'aimeras?
Quand j'aurai dis à la radio:
"je suis le meilleur, le plus beau,
ma poésie est en promo"
Dis-moi est-ce que tu m'aimeras?
Quand j'aurai fait à télé
n'importe quoi à part chanter
par crainte de me fair' zapper,
dis-moi est-ce que tu m'aimeras?
Quand j'n'aurai plus de corde sensible,
plus d'idéaux inrockuptibles,
quand j'aurai pété mes fusibles,
dis-moi est-ce que tu m'aimeras?

Dis-moi, dis-moi, est-ce que tu m'aimeras?
Dis-moi, dis-moi, est-ce que tu m'aimeras?





Quand les poules auront tout' leurs dents,
quand je t'aim'rai pour ton argent,
quand je cach'rai mes cinquante ans,
dis-moi est-ce que tu m'aimeras?
Quand j'aurai gaché tout' les femmes,
que j'serai pédé à fendre l'âme,
quand mes nuits seront en réclame,
dis-moi est-ce que tu m'aimeras?
Quand mon nom sera un slogan,
quand je serai un monument
bardé de sponsors insolents,
dis-moi est-ce que tu m'aimeras?
Quand plus jamais je n'aurai peur
du ridicule et du confort,
quand je reform'rai Starshooter,
dis-moi est-ce que tu m'aimeras?

Refain

Nouba

K Cokenstock/A Méthivier
Editions Thoobett

Je regarde le ciel,
Je me fais des frayeurs,
J'y vois la grande lueur.
Incandescent bordel
Qui me priverait d'elle,
Mon unique essentielle,
Ordinaire et super,
Qui m'immole et me perd
Dans ses courbes planétaires.
Dans les bris de vaisselle,
Les décombres universels,
Où est-elle?
Évacuer ailleurs?
J'y pense tout bas
dans ma cage d'ascenseur
en regardant là-haut,
Les maisons de lego
où se terre la nouba.

Je poursuis mon idée,
Les deux pieds au plancher,
Je divague et dérive.
Je me suis pas à pas,
Le regard en ogive
Par peur des coups bas.
Je dépasse le futur
Que je vois en peinture,
Incandescent bordel
Qui descendrait du ciel
Comme une pluie d'hirondelles.
0ù est-elle?


Un jour va-t-elle
Ou l'autre pas
Remonter mes niveaux,
Revenir en ébats
Des maisons de lego où
se terre la nouba ?

Je suis en quarantaine
Et me compte à rebours.
Toutes les fins de semaine
Je rajoute un détour.

Au fond de moi je fouille.
Quel est le code d'accès de sa prison dorée?
Peut-être dans le vide-poches
De ma nouvelle citrouille
Que j'ai garée devant
Les maisons de lego où se terre la nouba.